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Critiques de disques

Voici quelques-unes des critiques de disques et revues de spectacles rédigées par Nicolas Pelletier au fil des ans (avec média et date de publication).

GONZALES

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Solo Piano
(NoFormat)

Gonzales est un curieux et polyvalent personnage. Avec une formation de pianiste classique, il touche autant au jazz qu’au rap, et a récemment travaillé avec Feist, Peaches, Jane Birkin et Katerine, pour ne nommer que ceux-là. (…) Solo Piano est un recueil de 16 courtes pièces de piano, 16 petits chefs d’œuvre mélodiques d’une pureté et d’une sérénité hors du commun (Gogol). L’amateur de lenteur et de musique aérienne qui apprécie l’art d’Érik Satie trépignera à l’écoute de ce virtuose de la mélodie. Gonzales est en effet entièrement dévoué à la beauté de la musique, épousant son instrument de corps et d’esprit. Il fait partie de ces musiciens capables des plus divines mélodies, capables d’élever l’art de la Musique au sublime. Sa touche est aussi subtile qu’une brise d’été (Bermuda Triangle), ses couleurs aussi chaudes que le bonheur.

(emoRAGEI, no 27, octobre 2006)

BEATS FOR BEGINNERS

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Don't Fly Into the Sun
(Aporia)

À cause du nom et de la pochette, on s'attendait franchement à de l'électro, mais il n'en est rien : Beats For Beginners fait plutôt dans la pop indépendante bien construite qui rappelle autant la scène rock de Manchester des années 1990-92 que des années 1980, vu l'utilisation sporadique de petits sons «Nintendo». Des chansons comme Technology, avec son accent de britpop certain, rappellent également des artistes comme Simian, Supergrass, Pulp : d'abord construites sur des guitares sèches et de fortes mélodies, mais agrémentées richement en bidouillages de toutes sortes.

(emoRAGEI, mai 2006)

DAVID DONDERO

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Shooting at the sun with a water gun…
(Future Farmer)

Troubadour des temps modernes, Dondero base ses textes sur des bouts de conversations entendues ici et là. Ça donne des "Hello, what's your name ? Are you Irish ? Hell, no I'm Frankenstein, but I was a real back seater in my time, I was a real Tina Turner in my time" qui permettent de situer rapidement ses personnages en contexte. Le résultat de ce patchwork est fort intéressant et lui sert de canevas à ses propres émotions. (…) Bien qu'il se limite à 4 pistes d'arrangements (une guitare électrique et un beat box se joignent occasionnellement), la qualité sonore est remarquable : on distingue avec précision les claquements de doigts et la résonance de sa guitare aux cordes métalliques.

(emoRAGEI, septembre 2002)

The DELGADOS

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Universal Audio
(Chemikal Underground)

Cultivant l'alternance entre la voix douce de Miss Emma Pollock et celle masculine de Alun Woodward, moins assurée sur certains morceaux, le nouvel opus des fabuleux Delgados est un bijou de rock pop ingénieux et original sans s'étouffer dans de pompeux arrangements pour autant. (…) I Fought the Angels, servie en entrée, marie une sublime mélodie bien rendue par la voix d'Emma à un riff énergique - quoique assez classique - de guitares électriques. (…) D'autres morceaux, plus pop, s'apparentent davantage aux chansons relax des Pixies ou des Go-Betweens. Une petite touche un peu «british» et une certaine élégance les distinguent définitivement du monde du rock américain.

(emoRAGEI, septembre 2002)

LURA AU KOLA NOTE

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Toute résistance est inutile
Concert au Kola Note, 18 février 2006

C'était l'été à Montréal, hier. Ceux qui n'étaient pas au Kola Note ont subi les - 22 degrés, mais pour nous, chanceux qui avions choisi de passer la soirée à écouter la belle Lura, c'est la brise du Cap Vert qui nous a réchauffés!

Inutile de songer à résister au charme de la magnifique chanteuse née à Lisbonne au Portugal, fief mondial de la diaspora capverdienne. (…) Après deux chansons pour s'échauffer la voix et les pieds, la belle s'est laissée aller, se mettant à rouler des hanches de façon langoureuse, suivant les rythmes africains ou brésiliens qui influencent la musique du Cap Vert. Ouf, quand je disais qu'il faisait chaud au Kola Note, ce n'était pas à la ventilation que je faisais référence.

(…) Mais Lura n'est pas qu'un canon de beauté dansante. Elle a surtout un magnifique organe vocal, travaillé avec soin en tant que choriste chez Cesaria Evora, Pauhlino Da Viera et plusieurs autres stars de cette partie du monde. Nuancée et versatile, sa voix se prête aussi bien aux moments puissants qu'à ceux où l'on aimerait l'entendre susurrer ses mots doux à notre oreille... Lura utilise sa voix avec dynamisme, goût et discernement. Jamais elle n'essayera d'épater la galerie. Elle ne fait que mettre son immense talent au service d'une musique superbement agréable.

Essayez seulement de lui résister...

(site web de L’AVENUE, 19 février 2006)

ANTONY AND THE JOHNSONS

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I am a Bird Now
(Sonic Unyon/Secretly Canadian)

La première chose qui frappe chez Antony, c'est sa voix, tout à fait particulière : haut perchée, tremblante, émotive, sensuelle. Imaginez un mélange des voix d'Éric Cormier (Ily Morgane), Rufus Wainwright, -M- et Aaron Neville (tous de très bons chanteurs)… (…) Dans la bouche d'Antony, des titres comme Fistful of Love, auquel participe Lou Reed, prennent une toute autre couleur. (…) Boy George, son idole de jeunesse, fait aussi un duo avec Antony (You are my sister) et le beau Rufus vient aussi colorer cet album de sa présence. La pochette intérieure révèle un Antony qui se rapproche du Bowie Diamond dogs ou de l'entourage d'Andy Warhol. Mais, une fois revenus de nos émotions, on reconnaît que cet album en est un tout à fait merveilleux, par son intensité, par sa douceur et par son cadre musical qui démontre un certain classicisme (violons, cuivres, chœurs, etc). À découvrir.

(emoRAGEI, mars 2005)

FRANK BLACK & THE CATHOLICS

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LES SIGNES INDÉNIABLES DE LA QUALITÉ D'UN ARTISTE
Concert au Club Soda, décembre 2002

On se rend tout de suite compte de la qualité d'un artiste lorsque celui-ci donne généreusement plus de deux heures de spectacles un mardi soir enneigé. On se rend compte du professionnalisme d'un band lorsque celui-ci ne se laisse pas distraire par les problèmes techniques en début de concert. On se rend vite compte de la qualité des musiciens lorsqu'on a trois guitaristes qui jouent en même temps sans générer un abominable mur de son de distorsion comme le font la plupart des bands. On se rend compte qu'on a vu un bon show quand la foule est aussi épuisée que le suintant - mais ravi - leader de la formation.

(emoRAGEI, 2002)

dEUS

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DIVINE DÉLÉGATION BELGE AU MAIN HALL
Concert au Main Hall, 25 mars 2006

(…) Reste que dEUS a rapidement enflammé sa horde de fans connaisseurs qui explosaient à l’écoute des bons souvenirs de 1994 et des autres perles d’intensité qui parsèment les quatre albums du groupe. Leur mur de son (deux guitares + basse + claviers / violon électrique + batterie) était impressionnant, mais subtil. On y sentait une énergie envoûtante et plusieurs niveaux de mouvements sonores, signe des artisans méticuleux de la guitare électrique.

(site web de L’AVENUE, 25 mars 2006)

BELOW DE SEA

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UN TRIO INSPIRÉ, À LA SALA ROSSA
Concert à la Sala Rossa, 6 novembre 2005

Ces 3 musiciens, (…) sont visiblement passionnés par leur langage musical et semblent en perpétuelle recherche d'avancement sonore. La communication entre eux semble non seulement non verbale, mais également non visuelle ! Elle est complètement auditive : presque sans se regarder les uns les autres (particulièrement le guitariste Lacharité assis dans son coin, les yeux baissés), ils maintiennent une musique rigoureuse et juste. Un seul bémol, à mon humble avis, au sujet des finales abruptes, sans planification, alors que tant d'efforts sont mis à élaborer l'intro et le build-up musical.

(site web de L’AVENUE, 7 novembre 2005)

MINO CINELU

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Nuits d'Afrique : deux stars en mettent plein la vue
Concert au Kola Note, juillet 2005

L'art de Mino Cinelu en est un complexe. Ce grand musicien - qui a oeuvré avec l'encore-plus-grand Miles Davis - est un virtuose des percussions, il va sans dire. Tout ce qui se tape, se frotte, se brasse ou se programme devient presque vivant entre les mains agiles de Cinelu.

Il semble par contre difficile de sonoriser une telle performance : innombrables sont les micros dispersés devant les tout aussi nombreux instruments étalés sur la scène du Kola Note (toujours sans climatisation, dois-je préciser). En début de concert, les techniciens de son suaient presque autant que le musicien...

Une fois les détails ajustés, Cinelu s'est vraiment lâché, nous faisant une démonstration complète de ce que chaque instrument pouvait émettre comme sonorités différentes. Le moindre triangle était manipulé de toutes les façons afin d'en tirer tous les secrets. On se serait presque crus en pleine démo dans un magasin d'instruments... sauf qu'on n'avait aucune envie de retirer les différentes percussions d'entre les mains de ce sympathique maître qu'est Cinelu. (…)

(site web de L’AVENUE, juillet 2005)

THE LEGENDARY PINK DOTS

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Concert au Club Soda, octobre 2002

(…) Puis d'un coup, ça y est ! Ka-Spel se déchaîne et donne au public ce qu'il veut vraiment : de la psychose ! Il enfile quelques lugubres histoires dont le fond est plutôt violent, ou du moins inquiétant, avant de faire une crise comme un enfant gâté qui voudrait tout diriger. Les Pink Dots reviennent plus tard à de plus douces émotions, et Ka-Spel reprend ses contes de sa voix nasillarde au fort accent.

(emoRAGEI, 2002)

Lien pertinents :

www.emorageimagazine.com
www.mont-royal.net
www.bob.qc.ca

Crédit photos : Etienne Goulet (Lura), Nicolas Pelletier (Frank Black, dEUS, Below The Sea, Mino Cinelu)