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Adieu, magasin Archambault...


J'ai longtemps été un client du Archambault, rue Berri. Quand j'étais jeune ado, je montais à Montréal acheter des disques et des cassettes. À la fin des années 80, les arrêts obligatoires étaient Sam The Record Man sur Ste-Catherine qui était spécialisé en vieux rock des années 70, Archambault, où l'on trouvait plus de musique francophone, ainsi que des instruments et des partitions, et les endroits plus spécialisés où on achetait usagé, comme L'Échange (sur St-Denis et Mont-Royal), le Dutchys sur St-Laurent, le Primitive sur St-Denis, l'Oblique sur le Plateau...


J'aimais Archambault car on pouvait rêver devant les guitares et autres instruments, fouiller dans les partitions (car c'était pas mal la seule façon d'apprendre à jouer nos artistes préférés si on n'avait pas l'oreille), jeter un oeil aux livres sur la musique... dans un seul magasin!


Quand j'ai été embauché chez Québecor pour monter et lancer QUB musique, j'ai travaillé dans cet édifice... jusqu'à ce que la pandémie ne nous confine à la maison. L'une de mes premières retrouvailles fut cet étroit escalier qui nous permettait de passer d'un étage à l'autre. Que de souvenirs!


Adieu Archambault!



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par Philippe Renaud, Le Devoir, 27 mai 2023


Quatre-vingt-treize ans après avoir ouvert ses portes au coin des rues Berri et Sainte-Catherine, la boutique fondée en 1896 par Edmond Archambault a fermé définitivement ses portes, le 1er juin.


(...) Avec lui disparaît un formidable révélateur de vocations qui ont permis au milieu musical québécois de s’épanouir. Réflexions sur le métier et ses débouchés avec quelques anciens du « Berri » qui font aujourd’hui tourner l’industrie.


Comme de nombreux anciens disquaires, Dorothée Parent-Roy, aujourd’hui directrice créative chez House of Supercool et codirectrice générale de la jeune boîte de distribution de disques indépendante Amplitude Distribution, a décroché ce boulot pendant ses études — à l’UQAM, en communication politique, au milieu des années 2000.

« J’ai vite su que je voulais travailler dans le monde de la musique, mais je ne savais pas trop dans quoi. » Embauchée comme disquaire dans la section « musique urbaine », elle s’est initiée aux différents genres électroniques, écoutant tout ce qui pouvait lui tomber sous la main : « On pouvait emprunter les disques pour les écouter chez soi. Je savais que je connaissais la musique, mais je me suis rendu compte que je n’en connaissais pas autant que je le croyais ! »


Autour d’elle, d’autres passionnés qui allaient aussi faire carrière dans le monde musical, dont les futurs membres d’Omnikrom et du groupe Le Couleur, entre autres musiciens, « et les gars qui travaillaient au département des instruments, qui étudiaient pour devenir techniciens de sonorisation ».


Selon Claude Dauphin, disquaire puis acheteur entre 1993 et 2007 et aujourd’hui représentant du répertoire francophone chez Universal Music, l’adresse Berri de la chaîne Archambault était une porte d’entrée, « une manière de se familiariser avec les rouages de l’industrie de la musique » et ses différents métiers, à commencer par celui de représentant des maisons de disques et des distributeurs indépendants, qui débarquaient chaque semaine avec leurs nouvelles parutions et échangeaient avec les disquaires.


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